Réalisateur, scénariste, compositeur, Quentin Dupieux est un artiste aux multiples casquettes. Ses films déconcertent autant qu’ils fascinent. Son œuvre est un kaléidoscope de l’absurde, de l’humour noir et du surréalisme décomplexé. Si vous ne le connaissez pas encore, voici 7 de ses films à découvrir pour entrer dans son monde.
Rubber (2010) : le pneu tueur qui pense
Tout commence dans le désert californien. Un pneu, abandonné, prend vie et découvre ses pouvoirs télékinésiques. Très vite, il devient meurtrier. Ce pitch complètement fou résume parfaitement l’esprit Dupieux. Rubber n’est pas un film d’horreur traditionnel. C’est une réflexion sur le cinéma lui-même, sa logique et l’absurdité des codes narratifs. Avec une mise en scène minimaliste et un humour décalé, ce film a révélé Dupieux à l’international.
Wrong (2012) : l’absurde au quotidien
Dans Wrong, Dolph Springer se réveille un matin et réalise que son chien, Paul, a disparu. Cependant, sa quête pour le retrouver est tout sauf ordinaire. Il est confronté à une série de situations complètement loufoques. On y trouve un détective privé étrange, un livreur de pizza philosophe et un gourou des animaux.
Il pleut à l’intérieur des bureaux, les horloges sont folles, et les personnages sont tous plus étranges les uns que les autres. Ce film explore la solitude, l’aliénation et le besoin de sens, le tout sur un ton absurde et poétique. Dupieux y développe une ambiance singulière, entre rêve et cauchemar doux.
Réalité (2014) : un film dans le film
Avec Réalité, Quentin Dupieux pousse l’expérience encore plus loin. Un cameraman amateur cherche à réaliser un film d’horreur. Mais pour cela, il lui faut le cri parfait. Très vite, réalité, fiction et rêve s’entremêlent dans un labyrinthe narratif fascinant. C’est l’un des films les plus complexes du réalisateur, mais aussi l’un des plus riches. On y retrouve son goût pour les boucles temporelles, les personnages farfelus et la critique du milieu du cinéma.
Au poste ! (2018) : le face-à-face absurde
Dans « Au poste ! », Benoît Poelvoorde incarne un commissaire de police qui interroge un suspect dans une affaire de meurtre. L’intrigue se déroule presque entièrement dans une salle d’interrogatoire. Mais rapidement, le dialogue prend des tournures absurdes. Le temps se déforme, les personnages se contredisent et la logique se délite. C’est un véritable exercice de style. Ce film de Quentin Dupieux est court, efficace et porté par des dialogues ciselés.

Le Daim (2019) : quand la mode devient obsession
Georges (Jean Dujardin) achète un blouson en daim. Mais pas n’importe lequel. Un blouson qui va bouleverser sa vie. Dans Le Daim, Dupieux mélange humour noir, solitude et violence. Le personnage principal développe une obsession malsaine pour sa veste, au point de vouloir éliminer tous ceux qui portent un autre manteau. Le film est à la fois absurde et tragique. Il aborde des thèmes profonds comme :
- L’identité ;
- La folie ;
- Le besoin de reconnaissance.
Mandibules (2020) : la mouche géante
Deux amis un peu simples trouvent une mouche géante dans le coffre d’une voiture. Leur objectif est de la dresser pour gagner de l’argent. Le point de départ de Mandibules est absurde, mais le film dégage une tendresse inattendue. Contrairement à ses autres œuvres plus sombres, celui-ci est lumineux et presque naïf. Les dialogues sont intéressants et les situations cocasses. Le duo d’acteurs Grégoire Ludig et David Marsais fonctionne à merveille.
Yannick (2023) : quand le spectateur prend le pouvoir
Dans « Yannick », un spectateur mécontent interrompt une pièce de théâtre pour reprendre le contrôle de la scène. Le film, tourné en huit jours, se déroule dans un petit théâtre parisien. Un homme, Yannick, se lève en pleine représentation. Il est mécontent de la pièce et prend les acteurs en otage.
Néanmoins, l’enjeu de la prise d’otage est le mauvais niveau du spectacle. Yannick force les acteurs à jouer sa propre pièce, écrite par lui. Le film est une réflexion sur la critique, l’art et la légitimité de la parole. Il est à la fois drôle, intelligent et percutant.


