L’assurance emprunteur est une condition incontournable pour obtenir un crédit immobilier. En effet, elle protège la banque et l’emprunteur en cas d’accident de la vie. Cependant, son coût et ses conditions ont été longtemps discutés. Pour rendre ce marché plus équitable et transparent, la loi Lemoine, adoptée le 28 février 2022, a profondément modifié les règles du jeu. Cette réforme vise à faciliter l’accès à la propriété, à renforcer les droits des emprunteurs et à réduire les discriminations liées à la santé.
Loi Lemoine : un droit de résiliation à tout moment
Avant la loi Lemoine, les emprunteurs pouvaient changer d’assurance uniquement à certaines échéances précises. La loi Hamon (2014) permettait une résiliation dans la première année du contrat. Quant à l’amendement Bourquin (2017), il autorisait un changement chaque année à la date anniversaire. Désormais, grâce à la loi Lemoine, tout emprunteur peut résilier son assurance à tout moment, sans frais, ni pénalités. Cette mesure instaure une véritable liberté de choix et favorise la concurrence entre les assureurs. Cela peut entraîner une baisse significative des coûts pour les ménages.
La réduction du droit à l’oubli
Le droit à l’oubli est une disposition qui permet aux personnes ayant souffert d’un cancer de ne plus déclarer leur ancienne maladie après un certain délai. Avant la loi Lemoine, ce délai était fixé à dix ans. La réforme l’a réduite à cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans chute. Cette avancée est majeure pour les anciens malades, qui étaient souvent pénalisés par des surprises ou des refus d’assurance. Elle marque une reconnaissance de leur droit à une vie normale et à un accès équitable au crédit immobilier.
La suppression du questionnaire médical pour certains prêts
Autre mesure phare, c’est la suppression du questionnaire médical pour les prêts immobiliers inférieurs à 200 000 euros. Et ceci, à condition que le remboursement soit terminé avant les 60 ans de l’emprunteur. Cette disposition vise à éviter que des personnes en bonne santé, mais ayant des rapports médicaux soient discriminées. Elle simplifie les démarches et réduit les obstacles psychologiques liés à la déclaration de son état de santé.

Loi Lemoine : un marché plus transparent et compétitif
Cette loi impose également aux banques et assureurs une obligation d’information renforcée. Les établissements doivent clairement indiquer aux emprunteurs leur droit de résiliation et les modalités pour exercer ce droit. Cette transparence permet aux consommateurs de comparer plus facilement les offres et de choisir celle qui correspond le mieux à leurs besoins.
Les impacts économiques et sociaux
Sur le plan économique, la loi ouvre le marché de l’assurance emprunteur. Ce dernier est estimé à plusieurs milliards d’euros, à une concurrence plus dynamique. Les emprunteurs peuvent réaliser des économies substantielles sur la durée de leur crédit. Sur le plan social, elle réduit les inégalités liées à la santé et favorise l’inclusion financière. Les personnes ayant connu des difficultés médicales ou financières voient leurs chances d’accéder à la propriété augmentées.
Loi Lemoine : limites et critiques
Malgré ses avancées, cette loi n’est pas exempte de critiques. En effet, certains professionnels estiment que la suppression du questionnaire médical pourrait fragiliser l’équilibre économique des assureurs. D’autres soulignent que la concurrence accumulée peut entraîner une complexité supplémentaire pour les emprunteurs, qui devront comparer des offres parfois très techniques. Enfin, la réduction du droit à l’oubli, bien que saluée, ne concerne pas toutes les pathologies. Ce qui laisse encore des zones d’injustice.
La loi Lemoine représente une étape importante dans la démocratisation de l’assurance emprunteur en France. Elle renforce les droits des emprunteurs et favorise l’accès à la propriété. Si des ajustements seront sans doute nécessaires pour garantir l’équilibre du marché, cette réforme marque une avancée sociale et économique majeure. Elle illustre la volonté des pouvoirs publics de rendre le crédit immobilier plus juste, plus simple et plus transparent.



